Le CSA a lancé le 27 Mars le premier appel à candidatures pour l’attribution de fréquences de radio numérique. Celui-ci porte sur 19 agglomérations françaises (Bordeaux, Le Mans, Rouen, Clermont-Ferrand, Dijon, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Metz, Nancy, Strasbourg, Paris, Tours, Angers, Brest, Nantes, Rennes et Toulouse) soit l’équivalent de 30% de la population nationale. Il sera suivi courant 2008 d’un second qui couvrira les axes autoroutiers et 12 à 14 villes supplémentaire pour une extension de 10% de la couverture.
La numérisation devrait permettre d’enrichir l’offre radiophonique sur 3 axes:
- Qualité: à l’image de la TNT pour la télévision, le numérique permet de réduire les interférences de signal. Les programme seront alors disponnibles en qualité CD.
- Profondeur: En addition du signal audio il sera possible de recevoir des flux d’informations supplémentaires (météo, info trafic, pochette de l’album diffusé…). sous forme d’images ou de vidéo alors que la technologie RDS actuelle ne permet que de diffuser du texte. La plus grande innovation reste tout de même l’intégration du Time Shifting. Il sera désormais possible de mettre le programme écouté en pause et d’effectuer des retours dans le cours de l’émission.
- Largeur: Les grands réseaux de radios privées tel que RTL, Europe 1, NRJ ou RMC ne sont aujourd’hui capables au mieux de couvrir 75% du territoire. Il leur sera à terme possible d’étendre cette couverture à l’ensemble du territoire et ce avec une fréquence unique. En moyenne un auditeur français est capable d’accéder à une vingtaine de stations radio. Le passage au numérique devrait permettre d’élargir l’offre à 30 voir 64 stations selon la situation géographique. En plus des radios déjà diffusées en FM qui seront reprises sur canal, de nouveaux entrant devraient se voir attribuer des fréquences. Ceux-ci pourront venir des web radios ou de stations partageant anciennement la même fréquence.
Les dossiers sont à déposer avant le 16 juin. Le CSA délivrera les première autorisations fin 2008 pour une diffusion début 2009.
Alors que la Radio numérique semble être une véritable révolution, de nombreux doutes subsitent.
Tout d’abord la norme retenue est le T-DMB, à contrario de l’Allemagne et de l’Angleterre, précurseur dans la diffusion de radio en numérique qui ont fait le choix du DAB+. La norme retenue par la France privilégie l’interactivité du support alors que celle de nos voisin permet la réception d’un plus grand nombre de stations. A date la norme T-DMB est utilisée pour la radio en Corée du Sud, en Chine et en Inde.
De plus les coûts pour les stations seront décuplés. D’une part le passage, au numérique nécessitera le renouvellement des équipements, d’autre part, les titulaires d’une autorisation numérique devront continuer de diffuser parallèlement en analogique. A ce jour, contrairement à la télévision analogique qui doit s’éteindre en 2011, aucune échéance n’est encore avancée pour son homologue radio.
Enfin, le coût d’un récepteur radio numérique reste élevé pour l’utilisateur final. Au lancement, celui-ci devrait coûter aux alentours de 200€.
Alors que la radio est le média d’accompagnement par excellence, et que 63% des internautes la consomment de manière convergente par le biais de web radios ou de podcasts (source: Ipsos), l’avancée technologique conjuguée à l’intérêt des grands réseaux sera-t’il suffisant pour imposer la révolution numérique ? Les engagements financiers en jeu ne risquent ils pas d’accentuer la fracture de l’offre ?
Réponse dans un futur proche.
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3 Comments
Quelques petites précisions de la part d’une technicienne-réalisatrice (entre autre) bossant dans une radio d’Etat, une radio faisant partie d’un grand groupe et une radio privée diffusant essentiellement dans la région parisienne

Il faut savoir que la norme T-DMB a été choisie suite à un gros forcing de la part des grosses radios où je bosse car celles-ci, il faut le savoir, émettent en numérique sans que tu t”en rendes compte depuis environ 7 ans (en test bien entendu), c’est dire le retard par rapport aux autres pays!
Donc, évidemment un accord a été fait entre les réseaux que l’on connait déjà, tout ça pour préserver leur intérêt commun.
Et l’on comprend mieux l’inquiétude des radios associatives car certaines n’arriveront pas ne serait-ce qu’à passer au numérique! (sans parler de diffuser à la fois en numérique et en analogique comme tu l’écrivais plus haut). C’est d’ailleurs pour être sûres d’exister dans ce nouveau paysage radiophonique que les fédérations de radios associatives ont écrit un communiqué demandant aux autorités “certains aménagements”.
Bref, révolution, j’attends de voir. Mais le fait qu’on soit au niveau des autres pays était nécessaire. Et le fait que cela remette à plat toutes les radios importantes peut être une bonne chose puisqu’on ne fonctionne qu’au sondage et aux statistiques après tout…L’auditeur, c’est qui?
Merci pour ton point de vue d’experte.
Je ne savais pas que le choix de la norme était du à une question de lobbying des grands réseaux.
Côté mesure d’audience, venant du web, je fantasme à une mesure en temps réel par voix de retour (comme le font déjà Free et Neuf avec leurs box ADSL).
Dans ce cadre les web radios qu’elles soient associatives ou déclinaisons de grandes stations sont beaucoup plus pragmatiques.
Qui c’est peut être un jour ça sera possible. Ce serait la fin du biais des sondages… mais là c’est de la science fiction
Tu as un bon résumé ici: http://www.radioactu.com/actualites-radio/noi_87825/radio-numerique-l-inquietude-des-stations-associatives/
Quant à la mesure en temps réel, ça serait évidemment énorme!
Mais mesurer aussi l’audience de la radio par le web en l’incluant dans le sondage classique et non pas comme c’est le cas actuellement, bousculerait aussi pas mal les choses! Pierre Bellanger d’ailleurs si mes souvenirs sont bons s’était aussi battu il y a pas mal d’années pour cela.En vain donc…