Droits de retransmission de la Ligue 1 de Footbal: crise conjugale entre Canal + et la LFP ?

Droits de diffusion de la ligue 1

Le conseil d’Etat vient de débouter la demande de suspension de la procédure d’appel d’offre des droits audiovisuels de la Ligue 1 sur la période 2008-2012 déposée par Canal +.

Depuis début 2007 le bras de fer est engagé entre la chaîne criptée et la LFP. En cause l’absorption de TPS par le groupe Canal + fin 2005. Celui-ci a eu pour conséquence de dégonfler la pression concurrentielle autour des prochains appels d’offres. Alors que les droits de la période 2005-2008 avaient été attribués à la filiale Vivendi pour 600 millions d’Euros par saison, Bertrand Méheut PDG de Canal + a déclaré à plusieurs reprises ne pas être prêt à réinvestir la même somme.

Pour sa défense il invoque également une baisse sensible de l’audience. Depuis la reprise de la saison les rencontres diffusées le dimanche soir n’enregistrent plus que 22,1% de part d’audience contre 32,1% l’année passée à la même époque. De plus l’objectif affiché du groupe depuis la rentrée est clairement de réduire sa dépendance vis à vis du sport et du cinéma afin de pouvoir diminuer le coût de grille.

De son côté la LFP afin de maintenir les niveaux de revenus enregistrés par l’attribution des droits a remanié son offre sur deux points fondamentaux, ce qui a vocation à permettre l’arrivée de nouveaux entrants internet, mobiles, autres chaînes et recréer un climat concurrentiel:

La prise en charge de la production des images afin de pouvoir fournir des formats adaptés aux nouveaux entrants qui de plus ne disposent pas pour certains des moyens techniques nécessaires.

Le redécoupage des lots. Le dernier appel d’offres comprenait quatre lots:

  • Le lot 1: Retransmission en direct d’un match décalé, joué le dimanche soir à 20h45.
  • Le lot 2: Deux matches, celui du samedi à 17h et un autre joué le dimanche à 18h.
  • Le lot 3: Un magazine diffusé le samedi à 22h30.
  • Le lot 4: Les autres matches de la journée de championnat pour une diffusion en Pay Per View.

Les droits de diffusion pour la période 2008-2012 comprendrons douze lots:

  • lot n° 1: Les dix plus grosses affiches de la saison, au choix total (même de la date), pour le dimanche soir
  • lot n° 2: Les 28 autres matchs du dimanche
  • lot n° 3: Les 38 matchs du samedi soir.
  • Lots n° 4, 5 et 6: Lots fans, avec la possibilité pour un diffuseur de proposer toute la saison de plusieurs clubs (sept maximum).
  • Le lot n° 7: quatre multiplex : 1re et 20e journées, 37e et 38e journées.
  • Les lots n° 8, 9 et 10: les magazines (dont un nouveau le lundi).
  • Les n° 11 et 12: la VOD et de la téléphonie (Dailymotion serait entre autres sur les rangs)

Pour Canal + la production corrélée à la diffusion est un gage de contrôle de qualité mais aussi un moyen de conserver une force de pression dans la négociation en posant une barrière à l’entrée aux concurrents éventuels. Le groupe a lancé un premier coup de semonce à l’égart de la LFP en boycottant au mois de mars 2007 les appels à candidatures pour l’attribution des droits de diffusion de la ligue 2.

Le lancement de l’appel à candidatures pour les droits de la ligue 1 fin novembre par la LFP a eu pour réponse la saisi du TGI de Paris et du conseil d’Etat de la part de Canal +. L’actuel détenteur met en avant la différence de personnes morales entre les clubs détenteur de leurs droits à l’image respectifs et de la LFP dont le périmètre se limite à l’exploitation des droits de diffusion. Le groupe audiovisuel dénonce également la possibilité de la LFP à négocier de gré à gré avec les différents opérateurs ainsi que le prix de réserve fixé par groupe de lots. Ces mesures selon lui entretiendraient artificiellement à la fois la concurrence et un revenu minimum garanti.

Le prochain round s’ouvira mercredi 16 janvier pour Canal + qui plaidera devant le TGI de Paris afin de suspendre la procédure d’appel à candidatures en l’attente du jugement prévu le 19 février.

En imaginant que la LFP obtienne gain de cause, quelles seraient les répercussions pour la filiale de Vivendi. L’exemple allemand n’est pas très encourageant. En 2006 la chaîne Premiere a perdu les droits de la ligue1 nationale. Le résultat a été une perte de 156 464 abonnés soit 4,4% de son parc. Ses bénéfices ont quant à eux régressé de 137,5 à 47,9 millions d’euros soit une baisse de 34,8%. Début 2007, afin d’endiguer le mal, le groupe outre-Rhin a du céder 16,7% de son capital à son concurrent Arena afin de récupérer les droits de diffusion.

Ironie du sort Vivendi serait en ce moment en lice pour racheter Premiere. Un candidat pour reprendre Canal + ?

Fin de la publicité sur les chaînes publiques françaises: le Domino Day avant l’heure ?

Domino Pub

L’annonce de la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques françaises faite par Nicolas Sarkozy lors de la conférence qui s’est tenue à l’Elysée ce Mardi 8 Janvier a tout d’abord profité aux cours de bourse des chaînes privées TF1 et M6. En effet, ce même jour, ceux-ci ont enregistré respectivement une hausse respective de 9.94% et 4.49%. L’euphorie a été de courte durée, dès le lendemain le cours de clôture de TF1 enregistrait une baisse de 5,23% et celui de M6 de 4,53%.

Selon Le Crédit Mutuel CIC seulement 30 % des recettes publicitaire des chaînes publiques, soit un total de 800 millions d’euros, sera absorbé par les régies des grandes chaînes privées. L’hypothèse se base une une augmentation du coût au GRP liée à une diminution de l’ordre de 25% de l’inventaire d’espace publicitaires disponibles. (source Les Echos: Prudence des agences médias sur les gains à venir de TF1 et de M6 )

Le manque d’espace publicitaire télévisuel français s’explique par une pénétration des offres de télévision payante (câble, satellite, ipTV, TNT) bien inférieure à celle de nos principaux voisin. Fin 2005, année du lancement de la TNT en France, le taux de pénétration des équipements câble et satellite était de 38% contre 67% en Allemagne et 85% aux Royaume-Uni (source Consumer Analysis Group, août 2005 via le journal du net: Europe : Equipement TV, câble et satellite des foyers ). En utilisant la machine à remonter le temps pour revenir en 2007 on constate que la part d’audience des “autres chaînes” (hors TF1, France 2, France 3, France 5, Arte, Canal + et M6) ne représente toujours que 17,5% de part d’audience (source Médiametrie: Médiamat annuel - Année 2007).

L’inquiétude est d’autant plus forte en agence que le marché publicitaire TV a évité de peu la récession grâce à l’arrivée de la grande distribution, que ce soit en valeur (+0,5%) ou en volumes (+0,3%) (source: TNS MI via CB News: Le marché publicitaire dans le rouge en 2007 selon TNS MI).

Pour la première fois depuis la création de Médiamétrie en 1985, TF1 réalise les 100 meilleurs audiences de l’année, soit 2 de plus que l’année précédente. Alors que 2006 fut l’année de la coupe du monde de football avec 20 places dont les 9 premières ainsi que des séries françaises avec 47 places, 2007 aura été celle de la coupe de Rugby avec les 5 meilleurs audiences ainsi que de la série CSI/Les Experts et de ses déclinaisons Miami et Manathan avec 47 places.

Cette performance en demi teinte s’accompagne d’une perte de 0,9 points de part d’audience sur l’ensemble de l’année. On peut alors s’attendre ces prochains mois à une augmentation du coût de la grille qui serait répercuté sur le coût au GRP. M6 n’est pas en reste sur la même période avec la perte de 1 point de part d’audience due en partie à la contre performance de sa case access prime-time. Une augmentation du coût de grille de 3 à 4% avait pourtant déjà été budgétée en septembre 2006 afin de muscler son audience.

Se basant sur ces éléments, les investissement publicitaires devraient en partie se déporter, que ce soit:

Sur “les autres chaînes tv” qui ont vu leur part d’audience progresser de 3,7 points entre 2006 et 2007

Sur les autres médias tel que l’affichage, la presse, la radio et Internet

Du côté de France Televisions, l’arrêt de la publicité et la potentielle perte de 800 millions d’euros de revenu refait planer le spectre de la privatisation d’une partie des chaînes publiques et pose la question de l’avenir des 350 salariés de la régie, ce sur quoi François Fillon s’est voulu rassurant aujourd’hui.

Quoi qu’il arrive, tous les yeux sont désormais braqués sur Christine Albanel qui présentera le nouveau projet de loi sur l’audiovisuel en février 2008. Au programme, la possible augmentation du volume publicitaire autorisé et le nouveau cahier des charges des chaînes du service publique.

Médias et contenus, quelles perspectives: comment soigner les éraflures de l’audience ?

Fracture de l’audience

Les médias numériques (Internet,TNT, TVip, VOD, Podcast, Jeux Vidéo, Mobile) sont à la fois le stéroïde et le poison de leurs grands frères analogiques (TV hertzienne, Radio, Presse, Cinéma, affichage).

En effet en matière de télévision, la consommation média augmente dans les foyers français disposant d’un récepteur TNT: 3h33 contre 3h19 pour l’ensemble des foyers.
Face à cela, la part d’audience des chaînes hertziennes (TF1, France 2, France 3, Canal +, Frace 5, Arte, M6) est de 76,7% sur ces mêmes foyers contre 81,8% de manière générale. Sachant qu’à date seulement 20% des foyers sont équipés, cela laisse à envisager que le phénomène de dispersion de l’audience va aller en s’amplifiant (Focus sur les résultats d’audience des chaînes reprises sur la TNT gratuite - Septembre 2007 Médiametrie).

Chez les 13-17 ans, les utilisateurs quotidiens d’Internet sont 83% à être en contact durant la journée avec la TV contre 79,8% chez les autres (La consommation d’Internet stimule celle de tous les autres médias - Le Figaro.fr - 13 août 2007) . La part de la population ayant consommé en l’espace de 24h 4 médias et + est passée de 14,4% en 2005 à 18,5% en 2006 (Media in Life - Cumul 2006 - Médiametrie).

Cette dilution de l’audience va en s’accentuant avec la multiplication des points d’entrées et des contenus disponibles (Catch-up TV, streaming, Podcasts, VOD, UGC) . Le modèle de longue traîne tend à se répliquer sur la sphère médias.

Les grandes chaînes de télévision l’ont bien compris et cherchent à occuper tant l’amont que l’aval en créant leur plate-forme d’User Generated Content et en lançant leur service de VOD.

L’aura des chaînes hertziennes en tant que marques s’affaiblit. Jusqu’à il a peu, leurs grilles reflétaient leur positionnement singulier: dimanche cinéma sur TF1, trilogie du samedi sur M6, Nul Part Ailleurs sur canal + … Le paysage audiovisuel clairement définit entre les chaînes généralistes hertziennes et les chaînes thématiques du câble/satellite s’est troublé avec l’arrivée en 2005 des mini-généralistes (W9, NT1, TMC, NRJ12, Europe 2 TV) via la TNT.

La sortie du bois de M6, marquée par ses offensives vis à vis de TF1 (obtention de droits lors de la dernière coupe du monde de football, lancement du journal de la mi-journée, diffusion de fictions et séries françaises, arrivée d’un jeu en access prime-time) a contribué à renforcer l’idée du marasme de l’offre de télévision gratuite.

Pour y remédier les chaînes TV ont misé sur l’exploitation massives de “licences” à succès telles que les séries US (les experts, urgences, Lost, small ville…), la real TV (Star Academy, Koh Lanta, l’île dela tentation) ou les animateurs (Benjamin Castaldi, Marc Olivier Fogiel).

La notion de marque est en train de passer du contenant au contenu. Les chaînes TV ne sont plus des diffuseurs mais des éditeurs de contenus et vont tendre à devenir transparentes tout comme le sont devenues les technologies (câble, satellite, ADSL).

En France le phénomène en est à ses prémisses:

Canal +, sur son nouveau site Internet, propose en streaming gratuit ses programmes phares ainsi que des contenus exclusifs

TF1 après avoir décliné son emission TFou sous forme chaîne de télévision en 2003, la diffuse depuis septembre 2007 en web TV.

TF1 Vision commercialise les épisodes de la saisons 2 de Heroes en VOD 24h après leur diffusion sur NBC depuis fin septembre 2007.

Outre-atlantique ABC a ouvert dès octobre 2005 en mettant à disposition son catalogue de série en VOD payante sur iTunes. Depuis le groupe diffuse également ses titres en streaming gratuit financé par la publicité sur son site Internet depuis avril 2006 et a conclu un partenariat avec AOL afin de les agréger sur le portail vidéo de l’éditeur.

D’autres grands networks ont emboîté le pas à la rentrée 2007:

Fox diffuse les épisodes de ses séries gratuitement sur iTunes.

NBC, après avoir mis fin au contrat qui le liait avec Apple pour la diffusion de son catalogue sur iTunes, le groupe a lancé son service de streaming gratuit “NBC Direct” et s’associe à News Corp dans le but de s’attaquer à l’égémonie de Youtube.

Alors que les groupes médias commencent à exploiter de nouveaux gisements de potentiel de nombreuses interrogations subsistent:

Comment les annonceurs vont ils préserver leurs investissement face à l’étalement de l’audience sur la longue traîne ?
Alors que la consommation de médias tend à se délinéariser, comment va évoluer la mesure d’audience ?
Quel avenir pour la publicité dans un contexte boulimie média ?
Quelle va être l’évolution de la chronologie des médias ?
Face au déplacement des networks sur la chaîne de valeurs, comment vas évoluer la géométrie de l’échosystème des médias ?

Seriphages, baladophiles et mobinautes… docteur c’est grave pour les médias ?

Docteur Media

L’équation permettant de développer leur audience est de plus en plus complexe.

En effet, le foyer occidental moyen tend à être sur-équipé et les points d’entrée aux médias en sont démultipliées. La définition d’un média comme canal ou véhicule d’information s’avère être de moins en moins vrai. Hier on pouvait distinguer aisément l’affichage, la presse, la radio, le cinéma, la télévision et internet. Aujourd’hui, dans un contexte de dématérialisation des contenus, comment peut on en définir leurs frontières ?

La presse sous sa forme historique s’essouffle et doit sont salut à sa mue numérique. Les écrans et les transistors se multiplient (TV, radios, ordinateurs, baladeurs, téléphones mobiles). L’industrie cinématographique s’enlise dans la chronologie des médias. En définitive les canaux convergent et la notion de média s’efface face à celle de médium définie par le contenu: texte, image, son , vidéo.

Les médias ont vu naître la société de consommation et d’information, les médiums sonnent la société d’hyper-choix et d’hyper-information. Le consommateur/spectateur devient consommacteur ou Empowered Consumer. La consommation média parallèlement à l’évolution des technologies de l’information a mûrie donnant naissance à de nouveaux phénomènes:

L’individualisation: La vocation originelle d’écran social du foyer s’essoufle de plus en plus. Le nombre de téléviseurs par foyer en France est passé de 1,52 en 2004 à 1,82 en 2006 (Année TV 2006 Équipements et audiences: La TNT confirme son succès Mediametrie pour Les Echos). Alors qu’il y a 20 ans n’existaient que des 5 généralistes, le paysage audiovisuel français s’est enrichi peu a peu chaînes thématiques de plus en plus segmentantes: chasse, voile, eux vidéo, culture gay, poker… L’arrivée de la TMP courant 2008 et de le multi-postes via les offres triple play devraient accélérer le phénomène.

Le Moi média: L’émergence des blogs conjugué à l’accroissement du débit des offres Internet ont contribué à la naissance de l’User Genarated Content et de l’egocasting. L’internaute est devenu son propre média. Qu’il soit blogueur, podcasteur ou qu’il soit juste utilisateur de services “2.0″ tel que netvibes ou Facebook. La logique de broadcast/verticale est bousculée par la personnalisation des contenus. Google, Yahoo, MSN, Voilà l’ont intégré et proposent dorénavant des pages customisables.

Le nomadisme: La dématérialisation des contenus couplée au l’explosion du marché des périphériques mobiles a profondément modifié leur mode de consommation. Rien qu’en France 1 personne sur 4 possède une console de jeux vidéo portable, 2 sur 5 un baladeur MP3 (Media360 Mediametrie septembre 2007) et 77% des français utilisent un téléphone mobile (observatoire sociétal du téléphone mobile AFOM /TNS SOFRES octobre 2006) . L’évolution du combiné vers le mediaphone va transformer la tendance en audience qu’il sera bientôt impossible de négliger.

La délinéarisation: 30% des internautes français déclarent avoir écouté la radio et 27% avoir regardé la Télévision en différé via le streaming, 10% avoir consommé un média quelque soit sa forme via un podcast (Observatoir de la convergence média Ipsos 2007). Les offres triple play et câble ont vulgarisé l’utilisation de terminaux PVR, 7 millions de foyers français devraient en disposer en 2011 (Télévision en France: Prévision de la pénétration des réseaux numériques 2006-2011 NPA Conseil). A la même échéance le marché de la VoD devrait atteindre la taille de 11,5 millards de dollars, contre 4 millards aujourd’hui (cabinet Informa Telecoms & Media 15 janvier 2007). Les éditeurs de contenu eux même expérimentent des dispositif de catch-up TV (visualisation de programme en différé).

La globalisation: L’augmentation du débit a eu également pour effet de généraliser le peer 2 peer et les plate-formes User Generated Content. Il est maintenant possible de trouver sur Internet les derniers épisodes des séries TV dès la fin de leur diffusion et de se procurer la version française d’un block buster US avant sa sortie dans l’hexagone. Les frontière se sont dématérialisées avec le contenu.

Les conséquences en terme d’audience de ces nouveaux comportements sont doubles:

L’érosion et l’éclatement: La multiplication de l’offre a tendance à rendre le public plus volatile. La part d’audience des chaînes autres que les 7 grandes hertziennes est passée de 2;7% en 1993 à 13,8% en 2006 (Année TV 2006 Équipements et audiences: La TNT confirme son succès Mediametrie pour Les Echos).

La duplication: La multiplication des points d’entrée le rend moins captif. 44% des téléspectateurs français déclarent surfer sur Internet en même temps (Les français et la télévision TNS Sofres pour Télérama septembre 2006).

Afin d’anticiper, les groupes médias s’évertuent à occuper un maximum d’espace et se repositionnent en tant qu’éditeurs de contenus. Les chaînes TV investissent dans des plate-formes UGC et dans la VOD et les radios mettent à disposition massivement leurs émissions sous forme de podcast et en monétisent le contenu.

Cette modification des règles du jeu est propice à l’arrivée de nouveaux entrants: FAI, opérateurs téléphoniques, agences de communication, annonceurs venant troubler un peu plus la définition du média.

Ce billet ouvre la série médias et contenus quelles perspectives.

M-E is not me… une révélation, une déclaration d’amour.

salon des micro-entreprises

Révélation du teasing sur http://www.do-you-love-m-e.fr/ et http://www.marketing20.fr :

M-E n’est ni une version 2.0 du moi de Freud ni le dernier avatar sur console
nouvelle génération,mais une Micro Entreprise.

Il risque d’en y avoir beaucoup les 9, 10 et 11 octobre au Palais de congrès - Porte Maillot
pour un salon qu’il leur sera entièrement dédié.

Au programme:

Conférences
Forums
Rendez-vous métier
Universités de l’Entrepreneuriat
Speed Business Meetings
Grand prix 2007 des micro-entreprises

L’opération est aussi l’occasion pour chaque blogueur de rendre hommage à 3 micro-entreprises. Voici donc mes love M-E

TiviPro: La plate-forme vidéo des entreprises.
Les podcasts sont classés par secteur d’activité, code NAT, évènement.
Les décideurs d’aujourd’hui et demain répondent aux questions des équipes emmenées par Laurent Esposito et Alexandre Farro les Co-fondateurs.

Studio Melipone: La Société de conseil en solutions open-source développe actuellement Upshot une interface d’échange pour créatifs. Sur le blog de l’entreprise on peut suivre l’aventure entrepreneuriale de Jean-Baptiste Feldis et Romain Durritçague

Iminent: Votre Messenger ne sera plus jamais comme avant: émoticons vidéos, mise en scène des historiques des conversation et bien d’autres services à venir.
Grâce à Sanaa Bousbai j’ai pu participer à un focus groupe dans leurs locaux et rencontrer l’équipe Iminent composée de Sébastien Godart, Stéphane Micol et Marc Moulin-Roussel.

Do you Love Me ?

Cette vidéo est déjà passée par chez Ulrich et Jean-François… Elle passe par ici… qui sait jusqu’où elle ira.

Rendez-vous le 18 septembre sur http://do-you-love-m-e.fr/ pour en savoir plus.

Pourquoi je blogue… en retard

blog

Gauthier qui m’avait lancé ce défis ce weekend devait avoir abandonné toute espoir de me voir répondre un jour.

Et bien non je ne te ferais pas l’affront de t’abandonner camarade. J’attendais juste de publier un billet un peu plus consistant après le BlogDay 2007 et We are the buzz afin de ne pas transformer ce blog en une chaîne perpétuelle.

Avec le Mobile Monday c’est chose faite.

Pourquoi je blogue donc ? Et bien pour répondre je vais utiliser ma théorie fumeuse des 5P du blog (version boiteuse des 4P du marketing, une jambe en plus)

Projet: Cela fait bien deux ans que je sature mon lecteur RSS (et mon entourage) avec les blogs que je lis tout en fantasmant au moment où je pourrais proclamer haut et fort cette phrase de Valérie Lemercier devenue célèbre: “C’est moi qui l’ai fait!”.

Passion: Un jour une certaine Ophélie en une saison hivernale a dit “Dieu m’a donné la fois […] cette force qui guide mes pas”. Au final elle n’avait peut être pas tort. Avant je cogitais à ce que je pourrais bien mettre dans mon blog. J’ai bien essayé de vrais morceaux de fruit, mais j’ai du me résigner une fois mon écran complètement maculé. J’avais pourtant la réponse sous mon nez… non pas ma bouche voyons… mais un vrai sujet qui me prenait au tripes comme un bon tartare de charolaise. De la est né la ligne conductrice de Tête au Carré: les médias dans la main gauche, les nouvelles technologies dans ma main droite et au milieu une tête deux fois plus remplie.

Partage: Comme pas mal de blogueurs j’ai l’instinct grégaire et le blog est l’occasion de rencontres virtuelles voir parfois réelles, d’échange constructifs et improbables, de présent conditionnel et de futur plus que parfait. Le verbe bloguer lui même est assez complexe à conjuguer:

Je blogue
Tu commente
Il twitte
Nous Facebookons
Vous postez
Ils monétisent

Personnal Branding: Le blog et les réseaux sociaux en général m’ont permis d’augmenter ma visibilité. Avant sur les moteurs j’étais challengé par mes homonymes champions de motocross alsaciens et joueurs de football Portugais. Maintenant je trust la première page. Plus sérieusement tenir un blog revient à cultiver un espace d’expression et à prendre des positions, exprimer des opinions. Etre blogueur c’est être le prisme entre de l’information et des lecteurs, imprimer sa vision du monde sur support offert à tous.

Parce que j’ai du temps de cerveau disponible. Et pour cette raison je lance ce soir mon deuxième blog: Les pieds dans le paté (la face caché de Tête au Carré). Un blog sans vrai thématique précise qui va voguer au rythme de mes trouvailles et de mes envies.

Sur ce j’invite Sandra, Julie, Romain , Simon et Guillaume à répondre à cette même question.

Mobile Monday spécial jeux vidéo: Mario et Sonic n’ont pas encore de soucis à se faire…

Mobile Monday

La trêve des écoliers terminée, les Mobile Mondays sont de retour. Après la TV sur mobile au moi de Juillet, la rentrée a été sous le signe des jeux vidéo.

Au programme:

  • Nokia, Xavier des Horts, Directeur de la Communication Nokia France : N-Gage: de nombreux jeux sur des millions de mobiles Nokia !
  • Tetraedge, Franck de Visme, CEO, Emmanuel Zaza, CTO : jeux nouvelle génération enfin!
  • Cellfish France, Nicolas d’Hueppe, Directeur Général : La distribution des jeux java mobiles
  • Mobitween, Philippe Chassany, Fondateur & CEO : UgenGames - where social network services meet games
  • M Metrics, Hervé Le Jouan, GG Europe Mmétrics : Les jeux sur Mobile

Comme déjà vu lors de la conférence de l’EBG sur les nouveaux usages mobiles, 28% des utilisateurs de téléphones mobiles utilisent leur terminal pour jouer. D’après Morgan Stanley, le volume du marché mondial des logos/sonneries et des jeux vidéo devrait atteindre 45 milliards de Dollars par an en 2009.

Les éditeurs et agrégateurs de contenu tiennent le marché grâce à la fois à leur savoir faire technologique et à leurs investissements marketing. Dans cette configuration, les coups fixes élevés vont avoir tendance à concentrer celui-ci autour d’acteurs disposant déjà d’un avantage concurrentiel:

Nokia pour son parc de terminaux en service

Cellfish Media pour sa maîtrise du marché de la personnalisation du terminal et des services en ligne (BlingTones, astralia, cellfish.com)

L’offre tend à se segmenter par typologie d’utilisateurs:

Casual Gamers: jeux en java / flash à faible durée de vie

Hardcore gamers: jeux nouvelle génération se rapprochant techniquement et esthétiquement des titres développés pour les consoles dont la durée de vie peut atteindre plusieurs heures.

La force du premier segment réside dans la large compatibilité des terminaux alors que celle du second se situe dans le niveau marge généré.

Le marché reste balbutiant: alors qu’un tiers des utilisateurs jouent sur leurs mobiles, seulement 5% à 10% ont déjà acheté et téléchargé un titre. Le modèle économique reste également à définir: achat de l’intégralité d’un jeu ou de certains de ses niveaux, publicité ou contenus sponsorisés par des annonceurs.

L’explosion du marché nécessite la disparition de certains freins:

La rupture du tunnel de vente: les sites mobiles off-portal étant très peu développés, l’achat nécessite le passage par un site vitrine sur internet, un portail mobile partenaire ou l’exposition à une campagne TV/presse.

Le manque de moyens de paiement: Le système de SMS + n’est utilisable que dans le cadre du micro paiement. Les opérateurs gardent la main sur de la monétique mobile.

Le réseau: L’amélioration de la qualité des jeux passe par une augmentation de leur poids. Sans l’arrivée d’offres d’abonnement data illimité, le client potentiel devra faire face à des coûts téléchargement importants.

Quoi qu’il arrive, notre plombier moustachu et notre hérisson bleu ont encore de beaux jours devant eux que ce soit sur consoles ou téléphones mobiles.

We are the buzz: We are the world 2.0

Rentrée TV: Qu’est ce qui attend notre ménagère de moins de 50 ans…

TF1 France 2 France 3 France 5 M6 Arte Canal Plus

Alors que tous les charmants bambins de France et de Navarre sont en train de préparer leur cartables, les dirigeants des chaînes TV hertziennes présentent leurs bulletins de notes et choisissent leurs matières.

Chez TF1 le moral est au beau fixe: la chaîne capte toujours un tiers de l’audience et 54% des recettes publicitaires. Exit donc la frayeur suite à l’annonce de la baisse surprise des recettes publicitaires fin juillet. Exit aussi les déclarations de Patrick Le Lay sur l’inintérêt de la TNT en 2004. Depuis le groupe à racheté TMC avec AB Groupe en 2006 et est entrée à hauteur de 33,5% dans le capital de ce dernier. Aujourd’hui la chaîne de la tour du Quai du point du jour est candidate au même titre que Canal + et M6 à une des deux fréquences de TNT HD disponibles et de Nonce Paolini déclare ce canal de diffusion comme”une formidable opportunité de développement”.

Changement de braquet également sur la lutte contre le piratage. Alors que la diffusion de la première saison de Heroes vient de de s’achever, TF1 annonce la diffusion sur son offre VOD TF1 Vision des épisodes de la saison 2 seulement 24 heures après NBC outre-atlantique.

Nonce Paolini annonce une programmation “populaire, unique et innovantequi sans grande surprise vise plus à sécuriser l’audience qu’à réinventer l’eau chaude. Le tout est décliné en 4 axes:

La fiction française: 200 millions d’euros vont y être investis. Dans la production de longs métrage à la fois grands public comme Ali Baba de Gérard Jugnot et les reconstitutions de faits divers comme Marie Humbert et Le Mystère de Bruay. Dans la production de séries également avec l’adaptation française de Grey’s Anatomy, l’Hôpital et la riposte à Plus Belle la vie diffusé sur France 3: Seconde chance.

Le renouvellement de l’offre de série US: Plusieurs nouveautés cette année avec Ugly Betty (la version américaine du Destin de Lisa), Lipstick jungle, Bionic Woman ou encore Brothers and Sisters

Le renforcement de l’access prime-time: La chaîne a fait l’acquisition des droits pour l’adaptation de jeu à succès The Power Of Ten sans réellement se positionner sur l’animateur ni la case de diffusion. Cauet fait son retour avant le JT en espérant faire mieux que son Muppet Show TV l’année dernière. Un programme cours de coaching écologique serait également ne préparation.

La sécurité de l’audience: La Star Academy fera cette année une rentrée tardive due à la grande messe de l’ovalie. la seconde éditon de Secret Story a également été confirmée. Enfin après la roue de la fortune et la famille en or TF1 s’apprête à réssuciter Sacrée Soirée.

Chez France Télévisions on est sur la défensive. Le message est clair: Oui la TNT a dilué les audiences, mais nous ne sommes est pas pire que TF1 avec nos -3,2% de part d’audience et on fait mieux que M6 avec ses -7,9%.

En définitive Patrick de Carolis à besoin de moyens pour« Innover, réformer, avancer ». 3 voies seraient actuellement à l’étude avec le gouvernement:

Un augmentation de 4% de redevance: A date la France serait le pays d’Europe où celle-ci, en comparaison au nombre de chaînes, serait la moins chère.

Une augmentation du volume horaire de publicité autorisée.: Actuellement sur les chaînes publiques il est de 8 minutes par heure glissante contre 12 sur les chaînes privée. L’objectif serait d’arriver à 10 minutes.

L’insertion d’une nouvelle coupure publicitaire dans les jeux et divertissements.

Le PDG de France télévision souhaite renforcer le positionnement des chaînes publiques sur la culture française en de diffusant que 6,5 % de fiction américaine contre 33 % pour TF1 et 45% pour M6.

Cette ligne éditoriale se matérialise sur la nouvelle grille:

Sur France 2: Saison 2 pour la collection Chez Maupassant, nouvelles fiction patrimoniales avec Guerre et Paix d’après Tolstoï et L’Affaire Ben Barka. Arrivée de la série familiale Fais pas ci, fais pas ça le samedi à 19H. Côté émissions, un nouveau magazine scientifique Science, on tourne , le retour de Béatrice Schönberg, aux commandes de Les 100 Français qui font bouger et l’énième concept de Stépahne Bern L’Enquête. Olivier Mine fait quant à lui son retour quotidien sur l’access prime-time avec 60 secondes du Colisée et Laurent Ruquier troque On a tout essayé contre On va tout vous dire.

Sur France 3: Christine Ockrent prend la tête de duel sur la trois à la place de France Europe Express. Marie Drucker présentera le mensuel historique Droit d’inventaire et Pierre Palmade sera accompagnée de jeunes humoriste pour Made in Palmade. Arrivée également de Mireille Darc à la tête de C’est votre histoire . Côté fiction la troisième chaîne n’est pas en reste avec Maman est folle, Figaro, et Charlotte Corday.

Sur France 4: Conjointement à France 2 l’ancienne Festival proposera régulièrement des pièces de théâtre et des opéras en première partie de soirée. Nouvelle tête également avec Sarah Lelouch qui animera One man sauvage.

Sur France 5: Revu et corrigé présenté par Paul Amar remplace à Arrêt sur image et la série de documentaire consacrés à des personnalités Empreintes arrive à l’antenne.

France Ô: Arrivée sur la TNT le 24 septembre et pour l’occasion la chaîne s’associe à France 2 et France 3 pour lancer sa série quotidienne Baie des Flamboyants.

Chez Canal Plus les bons résultats se confirment avec de une rentabilité de 5% en 2006 pour 10,2 millions d’abonnés. les objectifs sont quant à eux ambitieux avec une rentabilité de 20% en 2010 et de 11,5 millions d’abonnés en 2011.

Sa feuille de route reproduit celle de HBO outre atlantique dans les années 1990: redonner une identité à la chaîne en investissant dans la production de fictions.

L’objectif est double :

Avoir une stratégie de contenu à long terme et pouvoir proposer ces contenus successivement le bouquet, en VOD et bientôt en télévision différée (Catch-Up TV) et sur le sur le futur portail canalplus.fr.

Maîtriser son coup de grille et ne plus être tributaire du football et du cinéma. A cet effet Bertrand Méheut déclare ne plus être prêt à débourser 600 millions d’euros par an pour l’exclusivité de la ligue 1.

Alors que le groupe s’apprête à lancer Canal + Family le 20 septembre , la stratégie semble payante car à date 9 abonnés sur 10 sont abonnés au bouquet et que 70% d’entre eux sont également abonnés à Canal satellite.

La filiale de Vivendi souhaite également se positionner sur la télévision sur mobile (TMP) en déclarant vouloir investir dans le réseau afin de garantir son indépendance face aux opérateurs.

M6, de son côté souhaite déplacer ses investissements vers l’access prime-time suite à une saison en demi teintes.

Dès la rentrée l’ancienne petite chaîne qui monte va profiter d’un Star Academy tardif du côté de la concurrence pour relancer Pop Star. L’émission débutera par un prime le 14 septembre et sera suivi d’une quotidienne sur une période d’un mois.

De retour également cette année Top Model 2007 animé par Adriana Karembeu. Cette case sera enfin complétée par C’est moi qui invite, une émission au cours de laquelle 5 personnes se disputeront le titre de meilleur hôte.

La grande nouveauté sera la case de 20h10 habituellement occupée par des séries familiales. Cette année pas de fiction mais un jeux animé par Roland Magdane: Etes-vous plus fort qu’un élève de dix ans ?

Quelques nouvelles séries américaines font leur arrivée: Jericho, The Lost Room, Vanished, Kidnapped et Shark.

Les 2 sagas Lance de la Destinée et La Légende des Trois Clefs ainsi les séries françaises les bleus, Cellule, Duval et Moretti viennent compléter l’offre de fiction de la chaîne.

L’offre d’émissions de coatching se renforce avec Stop aux découverts, Change de look ! et Maison à vendre.

Le tout pour un total de 300 millions d’euros soit un coup de grille en hausse de 3 à 4 %.

Enfin Arte prend des risques avec sa nouvelle case Arte Junior, composée de Graine d’explorateurs et de Suis moi en et innove avec Arte+7: une offre de VOD en streaming gratuit qui met à disposition 7 jours après leur diffusion l’intégralité des émissions de la chaîne culturelle.