Alors que le mobile tend à devenir le nouveau sujet marketing en vogue, que les Google, Yahoo! & MSN commencent à investir ce nouveau territoire, cette conférence est l’occasion de faire un point
sur les perspectives de ce média/marché émergeant.
Alexis Helcmanocki, Directeur Du Pôle Télécoms - IPSOS officiait en tant que maître de cérémonie.
Il était entouré d’intervenants couvrant l’ensemble des partenaires de la chaîne de valeurs du média mobile:
OS: Nicolas Petit, Directeur Division Mobilité - MICROSOFT
Réseau et téléphone: Olivier Charlanes, VP Convergence Business Unit - SAGEM
Editeur-producteur de contenu: Phlippe Jeudy, European Mobile Account Manage, Europe du Sud - SEGA
Provider: Cédric Nicolas, Directeur Conception et Développement Terminaux et SIM - BOUYGUES TELECOM
Technologie: Laurent Fournier, Senior Director Business Development - QUALCOM
Premier constat, aujourd’hui le choix du consommateur est conditionné par les terminaux et leur esthétique.
En effet sur un temps moyen/achat en boutique de 15 minutes, le prospect en passe 12 sur le choix du combiné.
De plus la maîtrise du téléphone reste en France plutôt relative:
19% des utilisateurs utilisent toutes les fonctions de leur combiné
35% une bonne partie
36% quelques unes
10% aucune fonction hormis les appels voix
De manière plus fine, différents usages sont plus où moins répandus:
100% déclarent communiquer via des appels voix
75% utilisent leur téléphone comme une montre
70% communiquent via SMS
45% prennent des photos
32% envoient des MMS
28% jouent aux jeux vidéos
27% envoient leurs photos
22% téléchargent des contenus via le réseau GSM 2G (logos, sonneries)
22% tournent des vidéos
18% écoutent de la musique
15% surfent sur le WAP/l’I-mode
11% Envoient des email
11% Regardent des vidéos
En dépassant le cadre de la conférence, les freins au développement des nouveaux usages sont multiples:
Hardware: Les constructeurs n’ont pas encore trouvé l’alchimie fonctionnalité/ergonomie et sont tiraillés entre le terminal couteau suisse et l’ultra segmentation de l’offre . On peut y ajouter que contrairement au modèle ordinateur/internet où le terminal est technologiquement surdimensionné par rapport aux besoins, le mobile avance au pas des nouveaux usages.
Software: Aujourd’hui l’offre de plate-forme d’exploitation n’est clairement pas uniformisée: Windows Mobile, Symbian, Java, RIM, bientôt Mac Os et Linux. En conséquence il devient difficile à un acteur de disposer d’un parc de téléphones ayant une taille critique permettant d’investir dans le développement massif de solutions.
Réseau: De manière théorique la 3G permet un débit de 2Mbits/s lors
d’un usage fixe. Fort est de constater que de manière plus pragmatique le débit avoisine les 386kbits/s, ce qui laisse peu de place aux contenus riches.Modèle économique: celui-ci se rapproche de celui d’Internet au milieu des années 90 où une poignée d’opérateurs/portails étaient l’unique point d’entrée connecté aux usagers. A l’époque les FAI vendaient des ordinateurs subventionnés par la publicité et livraient des kit de connexion pré-installant leur page d’accueil. Tant que l’audience n’atteindra pas elle aussi une taille critique permettant d’atteindre rentabilité, aucun nouvel entrant se risquera sur le marché. Depuis peu la situation se débloque côté adservers avec l’arrivée de Phonevalley, CellCast, Screentonic et JetMultimedia fin 2006 mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en matière de tracking ou de solutions de paiement par exemple. On peut espérer que l’arrivée des moteurs de recherche dynamisera quand à elle les contenus off-portal.
Marketing: L’ADSL et son modèle illimité a accéléré le développement du parc Internet dans la fin des années 90. Les opérateurs téléphoniques doivent aujourd’hui répliquer le même modèle s’ils veulent transformer la niche mobile en best seller au même titre que les SMS aux balbutiements de la voix mobile. SFR semble aller dans ce sens en annonçant un forfait data de 500 Mo devant sortir d’ici la rentée
Dès lors rien d’étonnant si 50% des téléphones mobiles en circulation sont encore incapables de se connecter sur le WAP ou l’I-mode.
Tous les intervenants sont d’accord sur le fait que le mobile n’est pas une copie du web, mais bien une extension, une évolution. La où internet est à la fois canal d’information,
de vente et de promotion , le téléphone portable, outils usuel et incontournable n’est plus un point d’entrée au réseau mais transforme chaque utilisateur en maillon de la chaîne. Cette image est d’autant plus vraie que la technologie GPS commence à être intégrée dans les terminaux.
Le contenu deviendrait alors multi plate-forme: Internet-TV-Téléphone. Chaque composant du “Triple Play” serait étroitement corrélé aux deux autres. Microsoft, par exemple, travaille sur des synergies avec sa console XBOX 360. Le joueur pourra poursuivre sa partie commencée sur une console de manière nomade hors du salon. Cette convergence des contenus devrait s’accentuer avec l’arrivée de la 4G basée sur la technologie WIMAX ainsi que de la TNT mobile via DVB-H/T-DMB.
L’effacement des frontière contenu/technologie devrait refaçonner en profondeur des modèles économiques. La VOIP viendra alors concurrencer la technologie analogique. Les prix, en conséquence, devraient être tirés à la baisse.
Côté terminaux, tous s’accordent à dire que de segmentation actuel devrait s’accentuer et les concepts se multiplier: Smart Phone, Media Phone, Camera Phone, Walkman Phone, Design Phone, Basic Phone.
En conclusion, il est clair que le marché vit ses premiers frémissements. Les grande avancées ne sont quant à elle pas à attendre avant 24 à 36 mois avec l’arrivée des puces RFID et du paiement sur les mobiles.
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